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Avec le multicloud, gagnez en agilité sans compromettre votre innovation

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Paul Sinaï

Avec le multicloud, gagnez en agilité sans compromettre votre innovation

 

De gros malentendus. C’est ce que suscite l’effervescence actuelle autour du multicloud. Si les arguments se multiplient en sa faveur, ils ont toutefois tendance à passer à côté de l’essentiel.  Résumons les avantages couramment mis en exergue – et les raccourcis qui les accompagnent.

« Avec le multicloud, l’organisation peut facilement recourir aux ressources de différents clouds publics ? »

Oui, en effet, le multicloud a pour vocation de donner l’agilité nécessaire pour combiner différentes ressources cloud mais… pas uniquement des ressources de type cloud public. C’est là un premier malentendu : multicloud ne se résume pas seulement au cloud public.

Au contraire, l’intérêt du multicloud réside dans sa capacité à dépasser la question « cloud public versus cloud privée » pour proposer une approche fédérée et bien plus proche des besoins du terrain. Le multicloud n’est pas une mesure défensive contre Amazon Cloud Services (AWS) ou Microsoft Azure mais un choix stratégique qui permet à une organisation de conserver des ressources « on premise » pour des raisons de sécurité, de performance ou pour préserver ses innovations – on y revient.

« La puissance du multicloud, c’est sa capacité de débordement sur des clouds multiples ? »

Deuxième malentendu : cette capacité de débordement existait déjà avant que n’émerge la notion de multicloud. La puissance du multicloud est ailleurs, dans sa capacité à manager l’overhead d’un débordement vers du cloud public ou du cloud privé sans distinction et de manière indolore. Le gain apporté par le multicloud n’est pas un gain de capacité mais d’agilité. Au final, il s’agit de faciliter et d’accélérer l’exploitation de ressources issues d’infrastructures multiples.

Voilà pourquoi, pour un éditeur, être multicloud ne se résume pas à faire exécuter une machine virtuelle dans n’importe quelle infrastructure cloud. C’est être en mesure d’exploiter les caractéristiques natives de ces différentes infrastructures cloud pour disposer d’une réelle intégration avec ces fournisseurs de cloud.

« Avec le multicloud, l’organisation est en mesure de mieux protéger ses données et la disponibilité de ses services ? »

C’est juste, et des faits récents l’ont rappelé, les infrastructures cloud ne sont pas à l’abri d’une faille ou d’une indisponibilité. S’appuyer sur différents cloud permet assurément de gagner en résilience. Mais, là encore, nous laissons dans l’ombre la véritable proposition de valeur du multicloud.

Avec le multicloud, l’objectif est de se tenir à distance de tout couplage fort entre données, applications et infrastructures. N’oublions pas que les grands acteurs du cloud sont partis de l’infrastructure pour proposer ensuite des services de plus haut niveau. Et, comme souvent en informatique, cette montée en puissance dans les couches applicatives se solde par une complexité accrue et un couplage fort entre les différentes couches.

Laisseriez-vous EDF vous fournir à la fois de l’électricité et fabriquer l’ensemble de vos appareils électriques ? C’est pourtant ce que font beaucoup d’entreprises en choisissant de s’en remettre à un fournisseur de cloud à la fois pour héberger leurs données et applications mais aussi pour les « motoriser » de A à Z.

Est-ce grave docteur ? Tout dépend de la criticité de votre patrimoine applicatif dans votre stratégie. Dans nos économies modernes, les infrastructures cloud sont devenues nos nouvelles centrales d’énergie. Et la question de notre dépendance à ces acteurs se pose d’autant plus que chacun d’entre eux a les moyens financiers et technologiques de devenir demain matin un concurrent. Cette perspective ne peut pas – ne doit pas – être ignorée, surtout dans des secteurs dans lesquels ces acteurs ont déjà quelques intérêts…

C’est tout l’enjeu du multicloud : s’appuyer sur le cloud pour gagner en agilité mais selon des modalités qui évitent un couplage fort avec une infrastructure et une dépendance avec un fournisseur. Question légitime : quels sont les critères d’une « vraie » plateforme multicloud ? On peut en distinguer au moins 3 :

#1) Une capacité à servir un modèle multitenant à géométrie variable. Autrement dit, en s’appuyant sur des ressources mutualisées ou dédiées, voire sur un modèle single-tenant (qui peut le plus, peut le moins). Le premier cas fait de vous un colocataire, le deuxième le locataire unique d’un appartement et, le dernier, le propriétaire de l’immeuble.

#2) Une scalabilité horizontale, granulaire et transparente qui permet de démultiplier les instances des différents composants de votre infrastructure.

#3) Des temps de provisioning maîtrisés. Concrètement, si plus d’une journée est requise pour ajouter à votre environnement de nouvelles ressources, vous n’œuvrez clairement pas sur une plateforme multicloud…

Parce que chaque entreprise tend à devenir une software company, le multicloud représente un courant technologique majeur. Avec une finalité assumée : accélérer la transformation numérique tout en cultivant l’indépendance de chacun pour mieux protéger la capacité d’innovation. Pour les éditeurs impliqués, il ne s’agit pas seulement d’un choix technologique mais d’un engagement fort.